ROUTE PANORAMIQUE

ROUTE PANORAMIQUE est un parcours artistique et littéraire organisé par la Villa La Brugère tous les deux ans au mois de septembre.

La 2ème édition a eu lieu les 23 et 24 septembre 2017.

Le programme réunissait des écrivains et des artistes parlant de voyages, choisis ou contraints. Le public, venu nombreux, semblait heureux de la programmation et de l’ambiance. Merci aux artistes et à tous ceux qui nous ont aidés à organiser ce week-end.

Lectures-rencontres 

ORLY CASTEL-BLOOM : Le roman égyptien (Actes Sud, 2016). Samedi 23 septembre à 15h.

Orly Castel-Bloom et sa traductrice Rosie Pinhas-Delpuech lors de la rencontre du 23 septembre. © Christian Saulnier

Le roman égyptien raconte avec un humour grinçant la vie d’une famille juive venue d’Égypte. C’est une saga familiale construite de façon non chronologique, un roman-puzzle surprenant et réjouissant. Orly Castel-Bloom, qui est célébrée en Israël comme la romancière la plus audacieuse de sa génération, a parlé de la dimension autobiographique de son dernier livre, de la manière dont elle l’a composé et de son goût pour le burlesque. Elle a évoqué aussi le projet qui l’a amenée à venir en résidence à la Villa La Brugère.

 

SYLVAIN PRUDHOMME : Légende (L’Arbalète, 2016). Dimanche 24 septembre à 14h.

Sylvain Prudhomme répond aux questions de Marie-Thérèse Champesme. © Sophie de Bourgoing

Nel est berger quand ses cousins sont steward ou chasseur de papillons rares. Comment se dessine une trajectoire de vie ? Qu’est-ce qui nous pousse à partir ou à rester ? Avec beaucoup de délicatesse, l’auteur réussit à nous rendre tous ses personnages familiers.

Avant de parler des enjeux de son dernier roman, Légende, Sylvain Prudhomme a évoqué l’Afrique où il a vécu longtemps et qui sert de cadre à plusieurs  de ses livres.

 

Lectures-performances

CLAIRE AUDHUY et TRISTAN LESCÊNE : Le Cœur est un feu (2017). Lecture musicale des poèmes de HANUŠ HACHENBURG. Dimanche 24 septembre à 16h.

Déporté au camp de Terezin à l’âge de 13 ans et mort à Auschwitz deux ans plus tard, Hanuš Hachenburg a écrit une pièce de théâtre et des poèmes d’une incroyable maturité. Claire Audhuy a découvert sa pièce dans les archives de Terezin et l’a mise en scène. Dans Le Cœur est un feu, elle lit ses poèmes, accompagnée par Tristan Lescêne au violoncelle.

Après la lecture, BAPTISTE COGITORE nous a montré des extraits de son film en cours  : Le fantôme de Theresienstadt. Plusieurs survivants de Terezin partagent leurs souvenirs du camp et de Hanuš Hachenburg.

Dita Kraus, ancienne déportée de Terezin. © Baptiste Cogitore

 

MARCELLINE DELBECQ : West (2010). Lecture avec projection de diapositives. Samedi 23 septembre à 19h.

Marcelline Delbecq après sa performance. © Sophie de Bourgoing

Inspiré par la vie de Nathanaël West, auteur et scénariste américain, le texte de Marcelline Delbecq nous fait voir des paysages des États-Unis et imaginer des scènes de films. Quelques images fixes suffisent à créer une atmosphère ; les mots et la voix de l’auteur nous y transportent en suscitant des projections mentales. Artiste et écrivain, Marcelline Delbecq expose régulièrement son travail. Elle a publié des livres d’artiste et des textes théoriques.

 

ELITZA GUEORGUIEVA : Les cosmonautes ne font que passer (2016). Performance. Samedi 23 septembre à 17h.

Performance d’Elitza Gueorguieva le 23 septembre. © Sophie de Bourgoing

Enfant, elle voulait devenir cosmonaute comme Iouri Gagarine, son héros. Et puis un jour, tout a basculé, le régime est tombé. Alors elle est devenue fan de Kurt Cobain. Dans Les cosmonautes ne font que passer, paru en 2016 chez Verticales (Gallimard), Elitza Gueorguieva décrit avec un regard faussement naïf, la vie en Bulgarie avant et après la chute du communisme.

Dans sa performance, elle a raconté avec beaucoup d’humour comment elle a écrit ce premier roman , elle a parlé aussi de son travail de cinéaste et montré avec ironie quelques objets rescapés de l’air communiste.

 

Créations sonores

DOMINIQUE PETITGAND : La voix dans le vide (1992-2017). Création sonore en trois parties. Trois séances d’écoute différentes, de 15 à 20′ chacune, le samedi 23 septembre à 14h et à 18h ; le dimanche 24 septembre à 18h30.

© Madeleine Decaux

Les pièces sonores de Dominique Petitgand mêlent voix, bruits, atmosphères musicales ou silences. Elles sont régulièrement présentées en France et à l’étranger lors d’expositions ou de festivals. Pour ROUTE PANORAMIQUE, il a créé un montage inédit en trois parties, réalisé à partir de pièces anciennes et récentes, découpées et remontées, avec la voix en fil conducteur. La voix dans le vide était présenté au club de plongée d’Arromanches. Assis face à la mer, le public a écouté attentivement. Il a pu ensuite discuter avec Dominique Petitgand.

 

Films et vidéos

ADELA BABANOVA : Return to Adriaport (2013). Film, 14’. Projection en continu le 23 et le 24 septembre de 12h à 19h.

Un tunnel a été creusé entre la Tchécoslovaquie et la mer Adriatique. Avec les déblais, on a construit une île. Les Tchèques qui y ont passé leurs vacances en 1980 en gardent un souvenir inoubliable. Un film étrange, fait avec des images d’archives. Adela Babanova est une jeune artiste de Prague. Return to Adriaport fait partie de la collection du FRAC Normandie Caen.

 

HAYOUN KWON : Manque de preuves (2011), 10′ et 489 Years (2016), 11′. Projection en continu le 23 et le 24 septembre de 12h à 19h.

Hayoun Kwon, Manque de preuves

Un jeune Nigérian raconte comment et pourquoi il s’est enfui de chez lui. Un ancien soldat sud-coréen se souvient de ses angoisses dans la zone frontière. Quelle est la part des faits et celle de l’imagination dans leurs récits ? La vidéo 3D permet à Hayoun Kwon de maintenir le doute. Née à Séoul, elle vit aujourd’hui en France. Son travail a été montré à diverses reprises et récemment au Palais de Tokyo.

 

ENRIQUE RAMÍREZ : Océan (2013) : Installation avec plusieurs projections vidéo. En continu le 23 et le 24 septembre de 12h à 19h.

Enrique Ramirez, Océan

Un porte-conteneurs emporte des fruits chiliens jusqu’à Saint-Pétersbourg. Enrique Ramírez nous fait vivre le voyage de Valparaiso à Dunkerque. Il filme l’ensemble de la traversée en un seul plan de 23 jours et réalise aussi un journal de bord filmé : près de six heures de courts métrages, entre contemplation de l’océan changeant et enquête sur ces nouveaux travailleurs de la mer, à l’heure du commerce mondialisé.

 

Soirées de courts métrages

le samedi 23 septembre à 19h45.

CHRISTIAN RIZZO & IUAN-HAU CHIANG : Paysage Tokyo (2011), 9’50

Christian Rizzo et Iuan-Hau Chiang, Paysage Tokyo

 

Réalisé par le chorégraphe Christian Rizzo et un artiste taïwanais, Paysage Tokyo propose une étonnante avancée en perspective au milieu d’objets plats…

 

 

HAYOUN KWON : Village modèle (2014), 9’

Hayoun Kwon reconstitue le village modèle construit par les Nord-Coréens à côté de la frontière : un village fantôme conçu comme un décor de cinéma, avec des maisons vides et inhabitées.

SEYDOU CISSÉ : “Faraw ka taama” (Le Voyage des pierres, 2012), 11’30

Les objets inertes peuvent-ils prendre vie ? L’artiste malien Seydou Cissé fait revivre une vieille légende animiste de son pays grâce aux techniques contemporaines du cinéma d’animation.

ENRIQUE RAMIREZ : Deux faisceaux blancs groupés et rotatifs (2017), 24’30

Enrique Ramirez, Deux faisceaux blancs…

 

Images filmées sur l’île d’Ouessant et au Chili, bande-son faite de textes de l’auteur et d’extraits de discours politiques. Le dernier film d’Enrique Ramírez est une méditation mélancolique sur l’Histoire.

 

RAPHAËL BOTIVEAU : London Calling (2017), 15’40. Film co-écrit avec Hélène Baillot.

De jeunes migrants rêvent d’embarquer pour l’Angleterre comme les soldats piégés dans la « poche de Dunkerque » en 1940. Le film superpose avec humour images d’aujourd’hui et plans de Week-end à Zuydcoote.

Raphaël Botiveau, London Calling