RENCONTRES PASSÉES

10 novembre 2018 à 16h : NOUVEAUX ROMANS

Lectures-rencontres suivies d’une table ronde.

Il y a mille nouvelles manières d’écrire une fiction et plus précisément un roman. Presque toutes sont marquées par les mutations du monde moderne mais rares sont celles qui en sont irriguées au point de faire sentir quelles courses effrénées et souvent chaotiques s’y jouent. Il y a des romans/réseaux sociaux, des romans/fil d’infos, des romans/drones qui ont troqué l’habillage linéaire du roman classique pour saisir la force d’un présent lui-même irrigué de flux électriques incessants et toujours plus nombreux. La toile (Gallimard) de Sandra Lucbert, Petite histoire du spectacle industriel (l’Olivier) de Patrick Bouvet et Seule (Inculte) de Daniel Foucard sont de ceux-là. Trois livres récents qui ne nient aucunement leur dette envers les théories littéraires, la pop culture ou l’identité du livre, mais poussent l’écriture dans les marges de nos habitudes de lecture.

 

© Francesca Montovani

Dans La Toile (Gallimard 2017), Sandra Lucbert transpose le dispositif épistolaire des Liaisons dangereuses à l’époque contemporaine: messageries instantanées, mails, réseaux sociaux sont autant d’outils pour questionner le statut de la vie privée, de l’information et des gouvernances. Ce roman très original, nerveux, montre comment une technologie et ses utilisateurs redessinent les logiques du désir et du politique – nos façons de vivre et d’aimer.

 

 

© Patrice Normand

Depuis une quinzaine d’années, Patrick Bouvet interroge la « condition postmoderne » : la fabrication des images collectives, la marchandisation des corps, la virtualisation du réel par la technologie ou la culture de masse. Ce sont tous ces thèmes qui se trouvent orchestrés et remis en perspective dans sa Petite histoire du spectacle industriel (L’Olivier, 2017). Sa lecture à la fois poétique et politique de notre époque aboutit à un manifeste très critique à l’égard des mass media et de l’industrie du divertissement.

 

 

© Emma Larsenn

Une jeune femme se réveille sur une lande déserte. Elle a oublié son nom, son identité. Est-elle une naufragée ou a-t-elle été piégée ? Est-elle observée, l’a-t-on droguée puis abandonnée sous le regard de caméras cachées ? S’adressant à un auditoire supposé (ou à nous, lecteurs), elle tient des propos radicaux sur le monde dans lequel elle imagine vivre. C’est avec les ressorts de la fiction que Daniel Foucard nous tient en haleine dans le long monologue théorique du personnage de Seule (éditions Inculte, 2018).

 

Samedi 29 septembre 2018 à 18h : Conférence de Jacques Moreau :

« Le haut arctique groenlandais. Chez les habitants les plus septentrionaux de la planète »

Ancien directeur de recherche au CNRS, Jacques Moreau est un spécialiste de l’Arctique. Il y a mené de nombreuses expéditions, en a rapporté des photos et des films.

Il connaît particulièrement bien le Nord-Ouest du Groenland. Il nous a parlé de la vie qu’y mènent aujourd’hui les Inuit, peuple dont la culture très ancienne est aujourd’hui malmenée par les changements climatiques et géopolitiques.

Il nous a montré de nombreuses images des paysages et de la population de cette région et a évoqué l’expédition qu’il y a faite en 2016 avec quatre jeunes de Seine Saint-Denis.

 

 

Samedi 11 août 2018 à 18h : Lucie Desaubliaux

Lucie Desaubliaux lisant © Christian Saulnier

Trois amis ont décidé de partir ensemble en expédition. Ce soir, c’est la dernière réunion avant le départ. Où iront-ils ? Que doivent-ils emporter ? La discussion commence avec le thé puis ce sera la bière, le vin, le whisky… Au cours de cette nuit longue et belle, ils parleront de voyage mais surtout de leurs raisons de partir ou pas, de ce qui compte pour chacun d’eux, de leur envie d’action ou d’inaction, du sens qu’ils veulent donner à leur vie.

Lucie Desaubliaux nous a lu des extraits de ce roman, en a présenté les enjeux. Elle a aussi expliqué ce que lui avait apporté le Master Création littéraire du Havre.

 

 

Samedi 16 juin 2018 à 18h : Joël Baqué

Joël Baqué nous a parlé de La fonte des glaces, son dernier roman paru aux éditions P.O.L en septembre 2017 ainsi que de La mer c’est rien du tout (P.O.L, 2016).

Le public venu nombreux a apprécié l’humour de Joël Baqué, ses récits loufoques et ses phrases inattendues.

A la fin de la rencontre, Joël Baqué nous a parlé du livre qu’il est venu à écrire à la Villa La Brugère : un roman inspiré de la vie de Siméon le Stylite, un ermite chrétien ayant vécu en Syrie au 5ème  siècle.

 

 

Mercredi 16 mai 2018 à 20h : Maja Brick, Aliona Gloukhova et Elitza Gueorguieva

Écrire en langue étrangère

Maja Brick, Aliona Gloukhova et Elitza Gueorguieva pendant la rencontre © Christian Saulnier

Après avoir publié plusieurs livres en polonais (sa langue maternelle), Maja Brick, écrit maintenant en français. En 2012 elle a publié Opéra anatomique chez Gallimard. Ce roman retrace le voyage en occident du tzar Pierre Le Grand venu se familiariser avec les grandes découvertes scientifiques et techniques de son époque comme avec l’opéra. C’est un livre baroque, une réflexion sur le pouvoir, la cruauté, les mises en scène, les machineries et les machinations. Actuellement en résidence à la Villa La Brugère, Maja Brick y termine Élégance noire, l’histoire de Hugo Boss et de son entreprise. Elle y raconte notamment comment le tailleur allemand a fait fortune en travaillant pour le pouvoir nazi. Elle nous a présenté ces deux romans.

Aliona Gloukhova, auteure biélorusse, a récemment publié son premier roman Dans l’eau je suis chez moi (éditions Verticales, 2018). Sous une forme très libre, sensible et drôle, elle y évoque son enfance à Minsk et la disparition de son père lors d’un naufrage. À partir de ces éléments autobiographiques, elle peint un tableau à la fois tendre et critique de la société biélorusse des années 1990.

Les faits qui ont inspiré Dans l’eau je suis chez moi font l’objet d’un documentaire réalisé par Elitza Gueorguieva, qui devrait être achevé au printemps 2018. Nous en avons vu quelques images.

Romancière, cinéaste et performeuse, Elitza Gueorguieva est elle-même l’auteure d’un roman autobiographique Les cosmonautes ne font que passer (Verticales, 2016). Elle a participé à notre festival Route panoramique en septembre 2017. Elle est actuellement en résidence à l’IMEC. Auteure bulgare écrivant en français, elle a participé à la table ronde avec les deux autres auteures sur ce que signifie « Écrire en langue étrangère ».

 

Vendredi 30 mars 2018 : Pierre Ducrozet, L’Invention des corps (Actes Sud)

Pierre Ducrozet © JF Paga

Nous suivons Álvaro, jeune prof mexicain, surdoué de l’informatique, en cavale après les tragiques événements d’Iguala, la nuit du 26 septembre 2014 où quarante-trois étudiants disparurent, enlevés et assassinés par la police.Rescapé du massacre, Álvaro passe clandestinement aux Etats-Unis où il se jette entre les griffes d’un magnat du Net prêt à tout pour trouver le moyen de rendre l’homme immortel.

Récit en réseau qui nous parle tour à tour de corruption politique et policière, de migrations clandestines, de l’évolution du Net, de hackers et de transhumanisme, L’Invention des corps est un formidable tour d’horizon des grandes questions qui agitent le XXIème siècle. C’est aussi un livre riche en suspense, qui se lit comme un roman d’aventures.

 

Jeudi 23 novembre 2017 : Ragnar Helgi Ólafsson

Ragnar Helgi Ólafsson à la Villa La Brugère.
© Dominique Poulain – Archives HÖFN

Il est écrivain, éditeur, artiste visuel et sonore, réalisateur de films, musicien. Ragnar Helgi Ólafsson nous a parlé– en français – des différentes facettes de son travail. Nous avons découvert les deux livres qu’il vient de publier aux éditions Passage(s) : un faux roman épistolaire, Lettres du Bhoutan,et un recueil de nouvelles qui joue avec différents codes de l’écriture : Le meeting du Conseil national de l’Audiovisuel du 14 mars 1984 et son influence formatrice sur la sexualité de l’adolescent – et autres histoires…

 

 

Jeudi 24 août 2017 : Laurent Brard, La Liberté si je veux !

Laurent Brard a publié Cargo, nouvelle primée par le festival Ancres Noires du Havre, puis un thriller, Le fils des brûlés. paru en 2010 dans la collection Nuit blanche chez Plon. Le succès de ce roman aurait pu lui permettre d’en publier d’autres mais il s’est depuis tourné vers le cinéma. Choisi par Marc Rapilly pour jouer le rôle principal dans Un truc de ouf, il finit par en co-signer la réalisation. Depuis, les deux complices ont réalisé ensemble plusieurs courts métrages. Ils viennent de terminer La liberté si je veux ! Educateur spécialisé, Laurent Brard porte une attention tendre à chacun de ses personnages, dans ses films comme dans ses romans.

 

 

Mercredi 26 juillet 2017 à 18h : Amandine Dhée, La Femme brouillon (éditions La Contre Allée).

Dans La Femme brouillon, Amandine Dhée raconte son expérience intime de la grossesse, de l’accouchement et de la maternité. Loin d’être un gentil roman de plus sur la maman et son bébé, La Femme brouillon est un récit plein d’ironie et de colère.

D’ironie parce que, comme toujours, Amandine Dhée se moque de ses propres naïvetés et décrit avec humour comment elle a vécu le regard des autres. De colère parce qu’elle raconte la norme qu’on tente de lui imposer et sa lutte pour préserver son émancipation.

“La mère parfaite fait partie des Grands Projets Inutiles à dénoncer absolument. Il m’a paru important de me positionner clairement en tant que féministe parce que je veux donner un éclairage politique à mon expérience intime.”

 

 

 

 

 

Samedi 17 juin 2017 à 17h : Lectures poétiques : Olivier Domerg et Yoann Thommerel

Photo Brigitte Palaggi

Poète, Olivier Domerg écrit depuis plus de vingt ans sur le paysage ou dans le paysage. Il a publié une quinzaine d’ouvrages, abordant aussi bien des espaces urbains (Treize jours à New York, voyage compris), des espaces naturels : océan, fleuve ou montagne (L’articulation du visible ; Fragments d’un mont-monde ; Le chant du hors champ, etc.), des lieux multiples ou isolés (Le ciel, seul ; Restantes ; Une Campagne).

 

Pratiquant fréquemment la lecture publique, il nous a lu des extraits de plusieurs de ses livres dont L’articulation du visible et Le temps fait rage.

 

Yoann Thommerel : Mon corps n’obéit plus (éditions Nous, 2017)

« Dans pas longtemps, mon corps sera une clameur, mon corps sera un million. »

Photo : Antoine Mongodin

Yoann Thommerel éprouve depuis le plus jeune âge l’indocilité de son corps et, contrairement à ce que son entourage pouvait espérer, la maturité n’a rien arrangé. Aujourd’hui encore, son corps refuse obstinément de se plier à certaines consignes omniprésentes dans nos vies, et notamment à celle-ci : apprendre à rester à sa place et à ne pas dépasser les limites.

En se lançant dans l’écriture, l’auteur a cette fois-ci décidé d’être plus que jamais à l’écoute de ce corps. C’est avec lui qu’il a écrit et c’est ensemble qu’ils ont dit ces quelques poèmes du débordement.

Yoann Thommerel est l’auteur de Trafic (Les petits matins, 2014). Ses textes, lorsqu’il ne les porte pas lui-même (lectures, performances), sont régulièrement mis en scène au théâtre. Il est le fondateur de la revue Grumeaux. Nous l’avions accueilli en 2013 pour des lectures croisées avec Sonia Chiambretto.

 

 

Dimanche 30 avril 2017 : Après-midi Specific Cheeses

Belle affluence le 30 avril pour cet après-midi de rencontre antre art et fromage !

Après la conférence drôle et érudite du sociologue Pierre Boisard, « Le camembert garde la forme », nous avons pu assister à la cérémonie de la confrérie Specific cheeses conduite par son grand-maître, Nicolas Boulard.

Nicolas Boulard revêt Corinne Rossigny de la cape et de la coiffe de la confrérie Specific Cheeses.

 

Une éclaircie bienvenue a permis de faire, comme prévu, la procession sur la plage sous les yeux amusés des promeneurs, avant de déguster avec beaucoup de plaisir les fromages de chèvre réalisés par Corinne Rossigny dans des moules inspirés de l’art minimal.

 

 

 

Lundi 3 avril 2017 : « À la recherche de la forêt de Quintefeuille ». Promenade accompagnée par l’historienne Christine Breton. 

 
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Christine Breton est à la fois historienne et conservateur du patrimoine. Lors de cette promenade, elle nous a raconté les évolutions du littoral normand et montré sur la plage les traces de la forêt qui existait à cet endroit au postglaciaire.
Promenade organisée en collaboration avec Arromanches Loisirs Culture.

 

Jeudi 17 novembre 2016 : Rencontre avec Mehis Heinsaar, auteur estonien (dans le cadre des Boréales)

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Mehis Heinsaar invente des univers improbables, où les vivants ne sont jamais longtemps ce qu’ils semblent être. Après L’homme-papillon et autres nouvelles (éd. Galodé, 2014) et Les chroniques de Monsieur Paul (éd. Kantoken, 2015), L’Homme qui ne faisait rien (et autres nouvelles) vient de paraître en français aux éditions Passage(s).

 

 

 

Samedi 8 octobre 2016 :Textes, mensonges et vidéos

Rencontre avec Hélène Gaudy, Hugues Jallon et Clément Cogitore.

Table ronde animée par Mathieu Larnaudie.

Voie d’accès au réel, l’image peut aussi être un outil de falsification. Elle transforme le réel, le déforme, le dissimule, le façonne et le fabrique. Jouant un rôle essentiel dans la construction des idéologies, elle sert à la « conquête des cœurs et des esprits ».

Hélène Gaudy : Une île, une forteresse (Éditions Inculte, 2015)

Photo © Elias Mussat-Gaudy

Photo © Elias Mussat-Gaudy

Ancienne forteresse militaire devenue antichambre d’Auschwitz pendant la seconde guerre mondiale, faux « ghetto modèle » immortalisé dans un film de propagande nazie, Terezín est aujourd’hui un lieu de mémoire paradoxal, une ville dont chaque logement a été une prison.

En évoquant les destins de ceux qui y ont été enfermés, en recueillant les témoignages d’anciens déportés, d’habitants actuels, Hélène Gaudy enquête, arpente, creuse le rapport ambigu de cette ville à l’image et au mensonge.

 

 

Hugues Jallon : La conquête des cœurs et des esprits (Verticales, Gallimard, 2015)

hugues-jallonC’est le milieu de l’après-guerre. C’est le temps des rêves, de la puissance des hommes et des machines, le temps des héros sans visage de l’aventure spatiale,celui des ex
plorateurs fanatiques des profondeurs de l’esprit humain, le temps des ingénieurs et des prophètes, celui des théoriciens de la guerre psychologique, tous emportés dans une course glorieuse et sans issue pour la conquête de nos âmes.

Ils s’appellent Neil, Ayn, Jim, Claude, Ted, Ron, Charles, Veronica… En brouillant les pistes de leurs destins singuliers, Hugues Jallon saisit les pulsions secrètes d’un monde qui s’enfuit.

 

 

Clément Cogitore : Bielutine (Documentaire – HDCAM – couleurs / 36min, 2011)

Bielutine © Clément Cogitore

Bielutine © Clément Cogitore

Reclus dans leur appartement de Moscou, Ely et Nina Bielutine veillent jalousement sur une importante et mystérieuse collection d’art de la Renaissance. Entourés de leur corbeau et de leurs chats et sous l’œil de Léonard, Titien, Michel-Ange et Rubens, Ely et Nina évoluent dans une fiction, un monde qui n’existe que pour eux, un monde où l’art et le mensonge ont peu à peu pris le pas sur la réalité.

Mêlant films, vidéos, installations et photographies, le travail de Clément Cogitore questionne les modalités de cohabitations des hommes avec leurs images.

 

Photo © Melania Avanzato

Photo © Melania Avanzato

Des financiers ruinés, un écrivain « plume » de politicien, incapable d’écrire son discours, une star d’Hollywood tombée dans l’oubli. Les romans de Mathieu Larnaudie parlent du désir de pouvoir et de la déchéance. Par-delà les histoires individuelles, ils nous montrent les multiples miroirs aux alouettes que nous tend la société contemporaine.

Mathieu Larnaudie est actuellement en résidence à l’IMEC en partenariat avec le CRL et Epoque, le salon des livres qui éclairent notre temps.

 

 

Dimanche 11 septembre 2016 : Claire Audhuy et Baptiste Cogitore

Photo Claire Audhuy

Photo Claire Audhuy

En résidence pendant un mois à la Villa La Brugère, Claire Audhuy et Baptiste Cogitore ont insisté sur leur travail en cours : la préparation d’un spectacle de marionnettes dont le texte a été écrit, au camp de concentration de Terezin, par un garçon de 13 ans, Hanuš Hachenburg. Pièce burlesque dont le sujet (une dictature fondée sur la peur et la délation) rappelle évidemment le nazisme  dont l’auteur a été victime. C’est Claire Audhuy qui en assure la mise en scène. Parallèlement Baptiste Cogitore réalise un film sur leurs entretiens avec des survivants de Terezin.

Spécialiste des « théâtres de l’extrême » (théâtres qui surgissent en période de crise, d’oppression, de violence…), Claire Audhuy est également auteur de théâtre documentaire et metteur en scène. Baptiste Cogitore est journaliste reporter d’images et rédacteur pour France Télévision. Il réalise des films mais a aussi publié plusieurs livres : poèmes, récits de voyages et essais.

 

 

Mardi 16 août  2016 : Johary Ravaloson

Photo Sophie Bazin

Photo Sophie Bazin

Johary Ravaloson est un écrivain malgache, auteur de nouvelles, romans et textes pour la jeunesse. Docteur en droit, il exerce actuellement des fonction de juriste au Centre d’Arbitrage et de Médiation de Madagascar, à Antananarivo (CAMM). Il s’implique également dans la promotion de la culture et des artistes du sud ouest de l’océan Indien.

Il est venu nous parler de son roman Vol à vif, et d’un recueil de nouvelles, Les nuits d’Antananarivo.

 

 

 

jeudi 28 juillet 2016 : Julien Ozy

© Martine Labonde

© Martine Labonde

Julien Ozy est un luthier passionné par son métier : il répare, fabrique, et joue de nombreux instruments. Après avoir longtemps travaillé à Asnelles, il est maintenant installé à Bayeux. Il nous a parlé de son métier et nous a raconté l’histoire de certains instruments à cordes, pincées ou frottées, nous présentant en particulier des instruments anciens, parfois venus de pays lointains, comme le saz, le rebab, le oud ou le luth.

 

 

 

Dimanche 12 juin 2016 : Mathieu Larnaudie et Arno Bertina.

Ils ont tous deux écrit une fiction biographique sur une star américaine.

mathieu larnaudie © Melania Avanzato

Mathieu Larnaudie © Melania Avanzato

 

Dans Notre désir est sans remède, Mathieu Larnaudie retrace la vie de Frances Farmer, jeune actrice à succès que son insoumission empêchera de connaître la gloire qui l’attendait à Hollywood.

 

Arno Bertina © DR

Arno Bertina © DR

 

Dans J’ai appris à ne pas rire du démon, Arno Bertina évoque, lui, trois moments de la vie de Johnny Cash, le célèbre chanteur, guitraiste et auteur-compositeur de musique country.

Mathieu Larnaudie et Arno Bertina ont présenté leurs romans et discuté de ce que signifie pour eux écrire une biographie. Quelle place ont-ils donné à la fiction dans leur récit ? Pourquoi ont-ils choisi des personnages du cinéma et de la musique ? Que racontent-ils des Etats-Unis dans leur livre ?


 

 

Jeudi 28 avril 2016 : Rencontre avec Sophie Divry

Quand le diable sortit de la salle de bain

Sophie Divry. © Brigitte Bouchard

Sophie Divry. © Brigitte Bouchard

Le sujet du roman est grave : la jeune Sophie, écrivaine à ses heures, est au chômage. Elle tire le diable par la queue et ses fins de mois sont des casse-tête. Avec quarante euros devant soi, les choix sont difficiles. Mais, un jour, le diable sort de la salle de bain ! Passé un début réaliste, nous voici dans un univers loufoque décrit de façon cocasse. Sophie Divry s’amuse : elle joue avec les mots et la typographie. Une écriture d’une liberté réjouissante qui contraste évidemment avec la situation du personnage.

Le précédent roman de Sophie Divry, La Condition pavillonnaire, paru en 2014, transposait à notre époque l’histoire de Madame Bovary. Réflexion sur les images formatées du bonheur et les désillusions qu’elles provoquent, La Condition pavillonnaire a été salué par la critique comme par les lecteurs.

Le 28 avril, Sophie Divry a lu des extraits de ces deux romans et répondu à nos questions.

 

Dimanche 29 novembre 2015 : Chloé Mazlo, César 2015 du meilleur court métrage d’animation

Photo Liem Trinh

Photo Liem Trinh

Elle réalise des films d’animation mais pas des dessins animés, des contes, mais pas des histoires pour enfants. Des contes pour grandes et moyennes personnes, qui parlent d’amour, d’amitié mais aussi de solitude et de guerre.

Des films drôles pour parler de choses tragiques car Chloé Mazlo n’aime pas le ton pathétique ou moralisateur. Des films faits sans beaucoup de moyens, volontairement « bricolés » avec une inventivité et une espièglerie constantes.

Lors de cette rencontre, Chloé Mazlo nous a montré Deyrouth, documentaire animé sous forme de carnet de voyage au Liban, Les Petits cailloux, César du meilleur court-métrage d’animation en 2015, et Conte de fées à l’usage des moyennes personnes, adaptation de la nouvelle de Boris Vian, sorti en 2015. Elle nous a parlé aussi du projet sur lequel elle est venue travailler à La Brugère : l’adaptation du roman d’Andrée Chedid, Le Message.

 

Jeudi 22 octobre 2015 : Iain Levison à la librairie Eureka Street

41x4M76Lo2L._SX331_BO1,204,203,200_Iain Levison, né en Écosse en 1963, arrive aux États-Unis en 1971. À la fin de son parcours universitaire, il exerce pendant dix ans différents petits boulots, de conducteur de camions à peintre en bâtiments, de déménageur à pêcheur en Alaska ! Tous ces jobs inspireront son premier livre, Tribulations d’un précaire. Le succès arrivera de France avec Un petit boulot et les romans qui suivront. Ses livres sont des romans noirs, riches en suspense et en humour grinçant, sur fond d’injustice et d’exclusion sociale. C’est parfois hilarant, souvent féroce. Il y a, chez Levison, autant de tendresse pour les individus que de rage contre la façon dont va le monde.

Son dernier livre, Ils savent tout de vous, nous entraîne dans un suspense d’une brûlante actualité, où la surveillance des citoyens prend des allures de chasse à l’homme.

Iain Levison a séjourné une semaine à la Villa La Brugère en octobre 2015. Ses livres sont publiés en français par les éditions Liana Levi.

 

11, 12 et 13 septembre 2015 : Route panoramique, parcours artistique et littéraire

© Samuel Buckman

© Samuel Buckman

Avant-première de film, spectacle de danse sur la plage, projections de films mêlant Histoire et fiction, lectures de textes sur la promenade et le paysage, rencontre avec un chasseur d’orages, création sonore, performances, expositions, etc.

La Villa La Brugère et Transat Projects nous ont invités à suivre la ROUTE PANORAMIQUE qui relie toutes ces propositions et nous a conduits à la rencontre de Jean-Christophe Bailly, Camille Benarab-Lopez, Samuel Buckman, Clément Cogitore, Thibault Cormier, Clara Cornil, Marcel Dinahet, Jérémie Ferrer Bartomeu, Daniel Foucard, Thibault Jehanne, Pierre Mercier, Enrique Ramírez, Philippe Robert et Alexander Schellow.

Qu’ils habitent la Normandie, Lille, Paris, Rennes ou Strasbourg, Berlin ou Santiago du Chili, ils ont séjourné à Arromanches (la plupart d’entre eux sont venus en résidence à la Villa La Brugère). Ils ont regardé le site de façon différente, en fonction de leur sensibilité et de leurs préoccupations.

Le 11 septembre à 20h30, avant-première du film de Clément Cogitore, Ni le ciel ni la terre, cinéma LUX, Caen.

 

 

Mardi 11 août 2015 : carte blanche aux Éditions des Voix de Garage.

Ivar Ch'Vavar, Le tombeau de Jules Renard. Gravure sur linoléum de D. Scaglia

Ivar Ch’Vavar, Le tombeau de Jules Renard. Gravure sur linoléum de D. Scaglia

Vincent Guillier et Dominique Scaglia, deux des fondateurs de cette jeune maison d’édition, sont venus nous présenter leurs publications : Le Tombeau de Jules Renard (77 haïkus), poème drolatique d’Ivar Ch’Vavar et Lettre à Dominique, poème-testament de Pierre Garnier.

Les livres publiés aux Éditions des Voix de Garage sont composés et imprimés à la main, en typographie. Ils sont tirés à peu d’exemplaires.

 

 

 

 

Samedi 25 juillet 2015 : David Fauquemberg

David Fauquemberg © Christine Tamalet

David Fauquemberg
© Christine Tamalet

David Fauquemberg a publié trois romans chez Fayard. Auteur également de guides de voyages, il fait de longs séjours dans des pays étrangers où il puise la matière de ses romans.

Ainsi, Nullarbor nous conduit en Australie à la rencontre des aborigènes ; Mal Tiemponous plonge dans le monde des boxeurs cubains et Manuel el Negro dans celui des musiciens de flamenco, en Andalousie.

À l’opposé du regard superficiel d’un touriste en mal d’exotisme, David Fauquemberg nous fait pénétrer dans la culture de ceux avec qui il a vécu.

En juillet, il reviendra d’un séjour de six mois en Nouvelle-Zélande.

 

 

 

Jeudi 2 juillet 2015 à l’école d’Arromanches : exposition des travaux réalisés par les élèves de maternelle et ceux du CP/CE1 dans le cadre du jumelage avec la Villa La Brugère.

Pop-up collectif réalisé par les enfants pendant l'atelier d'Anouck Boisrobert et Louis Rigaud (détail)

Pop-up collectif réalisé par les enfants pendant l’atelier d’Anouck Boisrobert et Louis Rigaud (détail)

Les élèves de maternelle et ceux du CP/CE2 ont travaillé cette année sur le thème de la ville : un projet pédagogique mené en partenariat avec la Villa La Brugère dans le cadre d’un jumelage soutenu par la DRAC Basse-Normandie. Les enfants ont ainsi pu bénéficier d’ateliers de création plastique : avec Aurélien Débat en novembre puis avec Anouck Boisrobert et Louis Rigaud en mai. Cette porte ouverte à l’école d’Arromanches permettra de voir l’ensemble du travail réalisé par les enfants avec les enseignants et avec les artistes.

 

 

 

Samedi 2 mai 2015 : Olga Mesa et Francisco Ruiz de Infante Conférence/performance sur leur projet Carmen/Shakespeare

Photo-om-f-acte 1 a geneve copieChorégraphe et artiste visuelle, Olga Mesa est une des figures-clefs de la danse contemporaine espagnole. Installée depuis 2005 à Strasbourg, elle a fait de la caméra une complice, pour conjuguer expérience de l’espace et question du regard. Avec Francisco Ruiz de Infante, artiste multimédia, elle est engagée actuellement dans un projet en plusieurs actes inspiré par l’opéra de Bizet et les Sonnets de Shakespeare.

Olga Mesa et Francisco Ruiz de Infante ne racontent pas Carmen, ils en jouent les passions, les tensions. La scène est leur « champ de bataille », métaphore du désordre amoureux.

 

 

Samedi 11 avril 2015 : Jean-Sylvain Bieth, La Contre-dépouille

JSB02 - copie 2À l’automne 1941, quatorze artistes français acceptent une invitation du régime nazi et se rendent dans plusieurs villes d’Allemagne pour y rencontrer leurs confrères. En février 1942, L’Illustration publiera un compte rendu de ce voyage, rendant hommage au « génie » nazi et à son sculpteur officiel, Arno Breker.

Jean-Sylvain Bieth relate les deux semaines de ce « voyage d’études » et le retour de l’un des protagonistes. La Contre-Dépouille s’appuie sur des faits historiques mais laisse une part à la fiction et aux réflexions prêtées par l’auteur au personnage qu’il évoque.

 

 

 

 

Samedi 14 mars 2015 : Olivier Saccomano

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Olivier Saccomano écrit pour le théâtre et codirige, avec Nathalie Garraud, la compagnie du Zieu. Ils travaillent depuis 2013 sur un cycle intitulé Spectres de l’Europe, « une enquête théâtrale sur la façon dont l’Europe se construit, dans la matérialité de ses frontières, dans la texture de son idéologie, dans l’obscurité de ses fantasmes, vis-à-vis de ceux qu’on appelle les étrangers ».

Olivier Saccomano est venu à la Villa La Brugère travailler à la troisième pièce de ce cycle, Soudain la nuit, une farce historique contemporaine qui sera créée en juillet 2015 au Festival d’Avignon. Il a publié deux de ses pièces aux Solitaires intempestifs : Notre jeunesse et Othello, variation pour trois acteurs.

 

 

Mardi 25 novembre 2014 : Monica Kristensen et Loup-Maëlle Besançon (dans le cadre du festival Les Boréales)

Monica Kristensen, © Tor Lindseth

Monica Kristensen, © Tor Lindseth

Nous sommes à Barentsburg, cité minière russe en territoire norvégien. Un étrange accident du travail vient de s’y produire. Un policier est envoyé sur place pour enquêter. La tempête de neige l’empêche de repartir… Vodka, pirojki et caviar est un roman policier à rebondissements. C’est aussi un passionnant documentaire sur la vie au Svalbard, cet archipel situé à l’extrême nord de la Norvège, au-delà du cercle polaire.

Glaciologue norvégienne, première femme à avoir dirigé une expédition en Antarctique, Monica Kristensen a vécu plusieurs années au Svalbard où elle situe ses trois romans traduits en français:  Le Sixième homme (2012), Opération Fritham (2013) et Vodka, pirojki et caviar qui vient de paraître aux éditions Gaïa Polar.

On a parlé, avec elle et sa traductrice, Loup-Maëlle Besançon, de la vie dans le Grand Nord, de polar scandinave, de traduction, etc.

 

 

Vendredi 7 novembre 2014 à l’école puis à la bibliothèque d’Arromanches :

Aurélien Débat

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Artiste, dessinateur et illustrateur de livres pour enfants, Aurélien Débat travaille en particulier sur l’architecture, les transports, les chantiers, tout ce qui contribue à faire vivre une ville et à la transformer. Son travail est présenté dans des expositions ou publié dans des livres.

http://www.aureliendebat.fr

Durant sa résidence, il a réalisé des dessins pour un nouveau projet puis il a animé un atelier avec les enfants de l’école d’Arromanches.

Ce travail s’inscrit dans le cadre du jumelage entre les écoles d’Arromanches et Asnelles et la Villa La Brugère.

 

 

Dimanche 14 septembre 2014: Sonia Chiambretto et Cécile Richard

Photo Patrick Lafond

Photo Patrick Lafond

Mixant textes de fictions et documents (archives, témoignages…), Sonia Chiambretto crée des montages hétérogènes, non linéaires, non démonstratifs.

 » Je dis parfois que j’écris des “langues françaises étrangères” : je ne suis pas dans le bien écrire, je m’interroge sur une langue qui, dominante, est aussi un support d’écrasement ou de rejet des autres. »

Après avoir passé près d’un an en résidence dans les bureaux de proximité de la ville de Marseille et y avoir recueilli de nombreux témoignages, Sonia Chiambretto écrit  ÉTAT civil. Elle imagine ses personnages dans l’immeuble du projet Obus, conçupour Alger par Le Corbusier, et jamais réalisé.

ÉTAT civil sera publié par les éditions NOUS.


Photo Joan Casellas

Photo Joan Casellas

Cécile Richard fait des dessins étranges, des poèmes faussement naïfs qu’elle met en voix avec une grande énergie lors de ses performances. Ses textes répétitifs disent les désirs obsédants, le corps gourmand, glouton.

« Marie Bornasse voudrait deux bouches sur le même visage pour pouvoir avaler deux morceaux en même temps et comparer en mâchouillant ».

Publié en 2012 aux éditions du Dernier Télégramme, Marie Bornasse est un récit divisé en fragments, qui nous fait découvrir un drôle de personnage, préoccupé essentiellement de nourriture, dont on apprend aussi qu’elle « est une bornassouse, c’est-à-dire une qui met les pieds dans le plat… ».

« Marie Bornasse est une qui essaye tout, une qui écrit dans la terre, dans l’eau sale, dans la tasse de chocolat, dans la culotte, Marie Bornasse écrit et mange ses doigts. Marie Bornasse regarde des films, c’est une qui regarde des films en mangeant ses doigts et une foule d’autres trucs, Marie Bornasse écrirait bien une foule d’autres trucs inattendus mais ça prend toute une vie et l’amour aussi. »

Cécile Richard a lu des extraits de Marie Bornasse et d’un texte en cours qu’elle continue pendant sa résidence à la Villa La Brugère.

 

 

Vendredi 29 août 2014 : Cyrille Martinez : Musique rapide et lente (éditions Buchet/Chastel, 2014).

Photo Pauline Abascal

Photo Pauline Abascal

 

 

Que faire quand on a 15 ans dans un « quartier rouge » à la périphérie d’une grande ville, qu’on s’ennuie, et qu’on refuse aussi bien la carrière d’apprenti proxénète que celle de coiffeur ? Wladimir, dit Wally, monte un groupe avec quatre autres jeunes chevelus et désœuvrés. Ainsi naissent Les Étrangers, et avec eux, la mode de la musique rapide et lente.

 

 

 

 

Mardi 5 août 2014 :  Yves Pagès : Souviens-moi (éditions de l’Olivier, 2014).

Photo Ariane Audouard

Photo Ariane Audouard

 

 

L’auteur et éditeur Yves Pagès nous a présenté son dernier livre, Souviens-moi, paru récemment aux éditions de l’Olivier. Mélange d’anecdotes drôles ou émouvantes et de considérations politiques, Souviens-moi  est aussi un autoportrait en forme de puzzle et une réflexion sur la mémoire. Un livre rempli d’humour, de lucidité et d’insolence.

 

 

 

 

Samedi 26 avril 2014 : Valentine Goby

Prix des libraires 2014 pour Kinderzimmer 

Valentine Goby à la Villa La Brugère. Photo Pierre Mercier

Valentine Goby à la Villa La Brugère.
Photo Pierre Mercier

Mila a 20 ans. Elle est déportée à Ravensbrück. Elle est enceinte. Pourra-t-elle survivre à l’horreur du camp, y faire naître son enfant et le maintenir en vie ?

Pour écrire Kinderzimmer, Valentine Goby s’est documentée pendant plus de deux ans. Elle a rencontré des personnes nées à Ravensbrück ainsi que la puéricultrice de cette « Kinderzimmer », cette chambre pour les nouveaux-nés qui a réellement existé. Nourrie de ces témoignages, elle décrit avec précision la vie quotidienne dans le camp et les sensations physiques éprouvées par les prisonnières.

Kinderzimmer est un roman dont on ne sort pas indemne, malgré tout ce qu’on a déjà lu sur les camps de concentration. C’est un livre souvent dur, empli de détails concrets sur ce que les femmes de Ravensbrück ont vécu dans leur chair, mais aussi un formidable hommage à la force et à l’imagination dont certaines ont fait preuve pour parvenir à résister à la mort.

Au-delà de sa force émotionnelle, Kinderzimmer est une réflexion sur le témoignage et un magnifique exemple de ce que la fiction peut apporter à notre compréhension de l’Histoire.

 

 

 

samedi 29 mars 2014 : Emmanuelle Heidsieck : À l’aide ou le Rapport W (éditions Inculte, 2013)

Emmanuelle Heidsieck © Thierry Rateau

Emmanuelle Heidsieck
© Thierry Rateau

Un professeur de droit à la retraite rend des services dans son voisinage. Un jour, deux policiers se jettent sur lui, le menottent et l’embarquent. Il est placé en garde à vue. Il risque gros. Le service gratuit est désormais un délit passible d’une peine de prison et d’une forte amende. Au ministère de l’Intérieur, deux hauts fonctionnaires ont rédigé un rapport visant à traquer tout ce qui, dans le secteur non lucratif, peut fausser la libre concurrence. Petite réparation, aide à domicile, conseil gratuit, hébergement à l’oeil… autant d’activités passibles de condamnations puisqu’elles viennent concurrencer celles des entrepreneurs méritants…

Emmanuelle Heidsieck est écrivain et journaliste spécialiste des questions sociales. Elle a publié plusieurs romans et recueils de nouvelles dont Il risque de pleuvoir, Seuil, 2008 et Vacances d’été, éditions Léo Scheer, 2011.

 

 

 

Samedi 1 mars 2014 : Mathieu Larnaudie et Thomas Coppey

Deux romans sur les conséquences humaines de notre système économique et financier

© Marc Melki

Mathieu Larnaudie © Marc Melki

Mathieu Larnaudie, Les Effondrés (Actes Sud, 2010)

Nous sommes au lendemain du krach boursier. Hommes politiques, banquiers, milliardaires font face au désastre. Certains vacillent tandis que d’autres jurent d’apporter les explications et les solutions. Parmi eux, nous reconnaissons quelques personnages célèbres.

À travers ce roman fait de 24 courts chapitres, Larnaudie brosse un portrait insolent  de ceux qui nous gouvernent, qu’ils soient ou non sur le devant de la scène, qu’ils soient marionnettistes ou pantins. Il décrit cet effondrement boursier, humain et idéologique, avec une précision implacable et, dans ses phrases amples, rappelle les ramifications multiples du système financier.

 

Thomas Coppey, Potentiel du sinistre (Actes Sud, 2013)

Thomas Coppey © Isabelle Mayault

Performance, excellence, innovation : les trois clefs du succès ! Chanard, un jeune ingénieur promis à un bel avenir, conçoit un schéma financier permettant de miser des capitaux sur les catastrophes naturelles… Sa créativité séduit ses chefs mais résistera-t-il à l’attente du sinistre, à la pression du management, à l’intrusion des exigences professionnelles dans sa vie privée ?

Thomas Coppey s’empare du langage du management, « le plus puissant vecteur d’idéologie dans l’entreprise, et celui qui est probablement le moins remis en cause. » Il en démonte les concepts, oppressants et anxiogènes, et s’interroge sur ce qu’est la réussite pour un individu.

Né en 1980, Thomas Coppey vit entre Paris et Le Caire. Il a publié des textes dans les revues Rue Saint Ambroise et Rouge DéclicPotentiel du sinistre est son premier roman.

 

Samedi 7 décembre 2013 : Patrick Varetz

1826780288_patrick-varetz-quand-je-n-ecris-pas-je-173903Patrick Varetz est né en 1958 à Marles-les-Mines, dans le Pas-de-Calais, où il a passé sa première nuit dans un carton à chaussures (pointure quarante-et-un). Il vit et travaille à Lille, dans le Nord, à quelque cinquante kilomètres de là.

Il a publié chez P.O.L. deux romans, Jusqu’au bonheur en 2010 et Bas monde en 2012,  ainsi qu’un recueil de 1000 poèmes, Premier mille, paru en décembre 2013.
Pendant la rencontre, il a lu des extraits de Bas monde et de Premier Mille.

 

 

14 novembre 2013 : Rencontre avec Janik Coat à la bibliothèque

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Janik Coat a écrit et illustré de nombreux livres pour enfants. Elle était présente à Arromanches pendant deux jours pour animer des ateliers avec les enfants de l’école maternelle. Le 14 novembre au soir, à la bibliothèque municipale, elle a montré ses livres, expliqué comment elle les réalise, parlé du métier d’auteure-illustratrice pour enfants et répondu aux questions du public.

 

 

 

7 septembre 2013 : Laure Limongi lit Hélène Bessette à la bibliothèque d’Arromanches

Laure Limongi à la bibliothèque«La littérature vivante, pour moi, c’est Hélène Bessette, personne d’autre en France.» (Marguerite Duras)

HÉLÈNE BESSETTE (1918-2000) a publié quatorze livres aux Éditions Gallimard entre 1953 et 1973 ; elle a été inscrite deux fois sur les listes du Goncourt et du Médicis et son travail a été défendu par des écrivains prestigieux. Pour Raymond Queneau, elle était «un des auteurs les plus originaux de ce temps».
Depuis 2006, une part importante de son œuvre a été republiée dans la collection Laureli des Éditions Léo Scheer.

Née à Bastia en 1976, Laure Limongi est auteur et éditrice. En 2013, elle a publié deux ouvrages : un roman, Soliste, aux Éditions Inculte, et un recueil de textes critiques, Indociles, publié aux Éditions Léo Scheer. En rééditant plusieurs livres d’Hélène Bessette, elle a largement contribué à faire redécouvrir l’oeuvre de cette auteur importante sur qui elle fait souvent des conférences et des lectures.

 

22 août 2013 : Rencontre avec Enrique Ramirez

Le porte-conteneurs Pacific Breeze dans le port de Valparaiso, mars 2013. © Enrique Ramirez

Le porte-conteneurs Pacific Breeze à Valparaiso, mars 2013. © Enrique Ramirez

Enrique Ramirez est né en 1979 à Santiago du Chili. Ses œuvres abordent les questions de l’exil et de l’immigration ; elles évoquent l’histoire de son pays, de l’époque des conquistadors à la dictature de Pinochet sous laquelle il a vécu enfant. Il a récemment réussi l’incroyable pari de filmer en continu, durant 23 jours, la traversée d’un porte-conteneurs de Valparaiso jusqu’à Dunkerque, réalisant à la fois une méditation poétique sur les rapports de l’homme avec l’océan et un documentaire sur le monde du commerce maritime à l’heure de la globalisation.

 

 

26 juillet 2013 : Lecture / Rencontre avec Amandine Dhée

AmandineViedesLivres copieNée en 1980, Amandine Dhée est une écrivaine et slameuse originaire de Lille. Son écriture s’inspire souvent de la vie quotidienne pour mettre en scène des histoires qui relèvent du poétique et de l’absurde.

Et puis ça fait bête d’être triste en maillot de bain évoque le parcours d’une petite fille qui grandit, se cogne de temps en temps, et s’accroche à l’écriture. À travers une série d’anecdotes souvent drôles, sans jamais se prendre au sérieux, Amandine Dhée parle avec pudeur des angoisses enfantines, des petits malheurs de l’adolescence, et de la difficulté à devenir « auteur ».  Elle sait nous toucher et nous faire rire, par son sens du dérisoire, ses piques contre le conformisme et ses expressions à la fois justes et saugrenues.

 

 

 

6 juillet 2013 : Lecture / Rencontre avec Stéphanie Katz
DSC09744Auteur, enseignante en Analyse de l’Image et Histoire de l’Art, Stéphanie Katz propose un regard transversal qui interroge les pratiques contemporaines de l’image en rapport avec l’héritage de l’histoire de l’art. En résidence à la Villa La Brugère durant l’été 2013, elle y travaille à l’écriture d’un texte très libre, “vagabondage” dans un archipel dont les îles sont des œuvres visuelles : tableaux, films, photos.

Archipel de l’éblouissement

La lecture de Stéphanie Katz cherchait à s’approcher de ce que l’on appelle parfois le « syndrome de Stendhal » : « un état de vertige, une perte de conscience ou un malaise discret, qu’il est possible d’éprouver devant certaines œuvres d’art ». Elle a évoqué trois œuvres devant lesquelles elle a ressenti « ce léger fléchissement du corps » : les œuvres rupestres d’Altamira, en Espagne, « Camille Monet sur son lit de morte », et la « Danaé » de Rembrandt.Elle nous a fait écouter deux enregistrements sonores réalisés avec un musicien, un travail à la frontière des mots et de la musique pour tenter de restituer l’effet de vertige suscité par un tableau.

 

 

27 juin 2013 : Rencontre avec Marcel Dinahet (en partenariat avec Transat Projects)

© Marcel Dinahet, 2013

© Marcel Dinahet, 2013

« L’œuvre de Marcel Dinahet est étroitement liée au littoral. Depuis le début des années 80, il en parcourt les paysages terrestres et sous-marins avec une caméra vidéo. (…) De ses périples soigneusement étudiés, il ramène des images surprenantes qui échappent, à première vue, à toute logique documentaire ou narrative. »

Marcel Dinahet a passé plusieurs semaines en résidence à la Villa La Brugère au début de l’année 2013.  Il expose, du 28 juin au 21 juillet à la Galerie l’Œil histrion à Hermanville-sur-mer, une des vingt étapes de La ligne – université éphémère du regard, manifestation proposée par Transat Projects pour Normandie impressionniste.

 

4 juin 2013 : Lectures croisées avec Sonia Chiambretto et Yoann Thommerel.

Photo : Patrick Lafond

Photo : Patrick Lafond

Auteur de plusieurs textes de théâtre publiés par Actes Sud-Papiers et mis en scène par Hubert Colas, Sonia Chiambretto a également publié Polices ! aux éditions grmx. Son travail d’écriture s’appuie sur les témoignages qu’elle recueille sous forme audio et vidéo. Elle propose fréquemment des lectures/performances. Elle nous a fait découvrir ZONE EDUCATION PRIORITAIRE  (Actes Sud-Papiers, 2010) et GRATTE CIEL (à paraître)

 

Photo : Antoine Mongodin

Photo : Antoine Mongodin

Trafic (éditions Les petits matins, 2013) est le premier livre de Yoann Thommerel, fondateur de la revue Grumeaux.

Traversant les saisons à l’arrière d’un camion immobile, Midch et Fanch inventent joyeusement des voies de traverse à un monde sur lequel ils n’ont que peu de prise, où passivité et indifférence sont les seules réponses à la violence d’un système qui se passerait volontiers d’eux.

 

 

 

Franck Magloire4 avril 2013 : Rencontre avec Franck Magloire à propos de Présents (Le Seuil, collection Fiction & Cie, 2012).

Un homme de trente ans est plongé dans un coma profond depuis six semaines. Au cours d’une journée de novembre rythmée par de soudaines chutes de neige, six personnes, proches parents de la victime ou anonymes, s’interrogent sur ce drame qui les réunit…

Franck Magloire évoque aussi Ouvrière (Éditions de l’Aube, 2002), récit de la vie d’une ouvrière de Moulinex, reparu en 2012 dans la collection Points.

 

 

 

3 novembre 2012 : après-midi littéraire
avec Arno Bertina, Emmanuelle Pireyre et Daniel Foucard
Pour nous parler de ce qui les passionne ou les révolte dans le monde contemporain, ils inventent des formes littéraires nouvelles et nous offrent des textes souvent jubilatoires.
Rencontre avec trois auteurs à propos de leurs publications récentes ou en cours.

Arno Bertina, Manosque, 2010

 

Auteur de romans et de fictions biographiques, Arno Bertina aime aussi écrire des ouvrages en collaboration avec des photographes. Paru chez Verticales en janvier 2012, Je suis une aventure est son dernier roman. Il sera en résidence à la Villa La Brugère au printemps 2013.

 

 

 

 

Ils écrivent de drôles de livres, ni romans ni essais, mélange bien dosé de petits récits et de réflexions sur le monde contemporain. Sans se prendre au sérieux, ils parlent de choses sérieuses : les mutations liées à Internet, le fanatisme, les ravages dus au libéralisme… Emmanuelle Pireyre et Daniel Foucard se connaissent et ont de nombreuses complicités. Ils dialoguent sur leurs sources d’inspiration et leur façon d’écrire.

Daniel Foucard. Photo Emma Larsenn

Emmanuelle Pireyre. Photo Patrice Normand

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

24 août 2012 : Rencontre avec Scholastique Mukasonga à propos de son dernier ouvrage et premier roman, Notre-Dame du Nil.

Photo C. Hélie – Gallimard

Dans Notre-Dame du Nil, Scholastique Mukasonga évoque les sources du conflit rwandais. L’intrigue du roman se déroule dans un lycée de jeunes filles, véritable microcosme de la société rwandaise. À côté des lycéennes, on croise des Européens illuminés qui croient en l’ascendance égyptienne des Tutsi. Ce mythe, créé par le colonisateur, a alimenté les conflits entre Hutu et Tutsi, qui ont conduit au génocide de 1994.

 

 

 

30 mai 2012 : Lecture musicale : Laure Limongi et Olivier Mellano.

Photo Serge David

La soirée réunit deux artistes qui ont été résidents à la Brugère. Laure Limongi lit des passages de Soliste, son dernier roman inspiré par la figure de Glenn Gould et écrit en grande partie à la Villa, ainsi que des extraits de La Funghimiracolette d’Olivier Mellano et de ce qu’il vient d’écrire pendant sa résidence. Olivier Mellano l’accompagne en improvisant à la guitare électrique.

 

 

 

25 avril 2012 : Lecture-rencontre avec Fabrice Reymond.

Photo Serge David

Fabrice Reymond lit des extraits  de Canopée, recueil de pensées philosophiques et poétiques récemment paru aux Éditions MIX.

« La canopée protège de l’idolâtrie, de la profanation et des piqûres de moustiques. Dans les forêts et dans nos lits, elle nous protège même du regard de Dieu. (…) Pour atteindre la canopée il faut quitter son ombre. Ce livre est un radeau posé sur les cimes; un fantôme.”

 

 

25 novembre 2011 : Rencontre avec Sarah Vanagt.

Sarah Vanagt réalise des documentaires et des installations vidéo qui ont pour cadre un monde marqué par la violence et l’injustice. Elle vient à la Villa présenter deux de ses projets en cours.

Rencontre organisée en partenariat avec Transat Vidéo

 

 

24 juin 2011 : Lecture-performance de Daniel Foucard.

Daniel Foucard vient de publier, aux éditions Inculte, Bill, un « ouvrage collectif » consacré à Bill Gates, dont il est le seul auteur.

« Bill Gates n’est plus l’ennemi public un point zéro. Bill n’est plus un potentat, un souverain, un Monopoly à lui tout seul, il a changé. Il est devenu l’ami des nécessiteux qui n’en espéraient pas tant. Il redistribue son argent, le cède au développement, l’anoblit. Car l’heure est au repentir et à la honte de l’accumulation privative. (…) À vérifier tout de même. »

Daniel Foucard lit quelques pages de Bill et parle de sa résidence à La Brugère.